Spectacles


20
Jan 12

Coulisses (4)

Jamais deux sans trois, dit-on. J’entre pour la troisième et la dernière fois dans le théâtre pour observer ce qui se trame, pour zieuter la préparation de la pièce. Parce que c’est ce soir que ça se joue, dans tous les sens du terme. On m’a invitée toutes ces fois à m’installer dans les coulisses, métaphore pour indiquer que j’espionnerais tout ce qui se passe avant la vraie représentation. Ce soir, ce n’est plus une image: je m’installe carrément dans les loges.

Recroquevillée sur un petit divan, les jambes repliées sous mon corps, je me fais oublier pour mieux observer, cahier de notes et crayon à la main. Nourriture sur la table: clémentines, jujubes, chocolats, biscuits, noix. Des fleurs aussi. Des orchidées. La régisseuse remplit d’eau des bouteilles de bière, prend du jus de canneberges pour le vin. Une des comédiennes promène le faux bébé, cette petite chose enrubannée réaliste à s’y méprendre. On entend les mots “merde” qui fusent à l’occasion. Moi qui croyais que c’était tabou. Ça grouille de partout dans cet espace. L’un fait les cent pas, l’autre chantonne. Je m’attendais à une ambiance plus lourde, sérieuse et stressée. Pas du tout. Joie, sourires, blagues à profusion.

Metteur en scène : “Ah ! t’es venue ! c’est gentil !” Comédienne, en riant: “Ben oui, j’me suis dit, pourquoi pas !”

Il y a toute une chorégraphie en cours, et cette fois, elle n’est pas sur la scène, mais dans les coulisses. Derniers détails, questions à la volée, prévisions pour la soirée: froid, tempête, stationnement, retards, heure de commencement. Préoccupations terre-à-terre. Je pense à mon boulot où on monte une exposition. Depuis le début de l’expérience, je réalise que c’est assez similaire. C’est un intense moment: capacité de cohésion d’une équipe pour arriver à réaliser un projet, travail acharné, soirées hypothéquées, fatigue, adrénaline, stress, recommencement, finition, réflexions, oublis, essais, erreurs. C’est une danse complexe, une danse à plusieurs, qu’il faut savoir coordonner, organiser. Grande joie à observer l’humain dans de merveilleux moments de création comme ceux-là. J’ai des Manet, Renoir et surtout Degas en tête, car je suis la flâneuse* qui observe sans être vue.

J’entends encore les bourdonnements, les cris, les voix qui s’élèvent et meurent dans un grand soupir. Il y a des restes de café et de thé sur la table. Pour la première fois, je vois les costumes qui ont finalement été choisis, les maquillages, les coiffures. Je ressens une drôle d’impression: les comédiens sont devant moi, mais j’ai un peu le sentiment d’être avec les personnages. Ce sont surtout eux que j’ai appris à connaître, qui ont pris vie devant mes yeux. Jennifer passe et me sourit. Miranda serre fort son bébé. Étrange dédoublement.

J’ai le temps d’aller fumer une clope ?

Les comédiens sont demandés sur scène, j’entends le plancher qui craque, je vois l’intensité des lumières qui baisse. On pratique la finale. Je me dirige en catimini vers les rideaux noirs que je pousse doucement. Ils sont tous là, debout, découpés dans la pénombre. Ils s’avancent tous ensemble. Non, ça ne marche pas, on recommence. Une comédienne est désignée pour lancer le salut. Rangée uniforme sur le bord de la scène, ils saluent un public fictif. Retour dans les loges. Ça rigole, ça parle fort. Anecdotes hilarantes.

25 minutes avant l’ouverture de la salle !

L’ambiance se transforme. Concentration. Bruits, voix en crescendo, en decrescendo, cri presque primal, ensuite victorieux, murmures. Sorte d’incantations vocales. Quelqu’un saute sur la scène, frappe du pied, saute encore. Ça discute, ça parle partout à la fois. Odeur de toasts brûlées. Rapide, rythmé par le stress, fébrile. Les comédiens ont l’air de lions en cage, prêts à attaquer la pièce à coup de dents, de griffes. Prêts à tout donner.

Qu’ils viennent, s’ils n’ont pas peur !

On atténue les lumières dans la pièce. On commence à s’envoyer des messages d’encouragement, se taper dans le dos, s’embrasser, se faire des accolades. Le temps file, l’heure approche. On finalise les derniers détails. Pour la énième fois, on demande au metteur en scène s’il est nerveux.

Non, j’ai hâte.

Il ne reste que quelques minutes. La lumière est éteinte dans la loge qui est éclairée par quelques pièces encore illuminées aux alentours. Les comédiens parlent moins fort. Il y a comme une forme de recueillement tout à coup. Chuchotements, pas plus légers. Je m’éloigne de la salle pour les laisser ensemble, mais continue à les observer d’un peu plus loin. J’entends les gens qui entrent dans le théâtre, le murmure de la foule. Le metteur en scène passe à côté de moi, prend une respiration et s’en va offrir un mot pour présenter la pièce. Tout à coup un cercle, une accolade de groupe entre les comédiens. Au centre, quelqu’un dit quelque chose, mais je n’arrive pas à capter. Peu importe.

Merde. See you on the beach !

Douce tranquillité qui s’installe, comme si un point de non-retour était atteint et que, stress ou non, rien n’y changera. Intérieurement, j’ose imaginer que ça bouillonne, mais plus rien n’y paraît. Je m’éclipse doucement avec, oui je le réalise, une boule dans la gorge. Émotive face à la beauté de ce moment, à la fin de cette proximité avec la création. De pouvoir assister à tout ça.

Petite tristesse quelque part aussi. Mais la mienne, heureusement, est intellectuelle et lumineuse.

*Référence au flâneur baudelairien dans Le peintre de la vie moderne (1863) 

Oeuvres:

1) Classe de danse, Edgar Degas (1871-1874)

2) Répétition d’un ballet, Edgar Degas (1874)

3) Première sortie, Auguste Renoir (1876)

Images: Musée D’Orsay et kerdonis.fr


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Tristesse animal noir

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16
Jan 12

Coulisses (3)

Très longue journée, pieds en compote, bus Saint-Laurent bondé. J’arrive à l’avance. Le temps d’un café bien tassé pour me secouer un peu et je traverse la rue où on me fait entrer dans le théâtre. Odeur de bouffe, chaleur. Discussions autour d’une table, des comédiens sont installés sur des fauteuils. On sent une certaine fatigue, une langueur.

La journée a été fatiguante. Physiquement. Le soir est tombé.

Il y a tout de même du va-et-vient un peu partout. Sur la scène, dans les loges, dans la salle, en régie. Ça fourmille, c’est une véritable petite usine. Chacun prend sa place, et au micro on annonce le début de la séance. On s’ébroue un peu, on gesticule pour s’enlever de cette espèce de torpeur dans laquelle on semble tous un peu plongés. Je n’arrête pas de penser à l’absurdité des contrastes: du frigorifique –  bien réel – de l’hiver à la chaleur torride, meurtrière – fictive – d’un incendie. Je réfléchis au fait que, de part et d’autre, ces extrêmes font ressortir nos instincts, nos réactions primaires, animales.

Un animal rapide au pelage lumineux.

La scène est plongée dans le noir, excepté quelques lumières qui éclairent les musiciens. Goodbye Ruby qui reprend en boucle. La guitare n’est pas assez forte, ensuite trop. On ajuste. Les comédiens attendent patiemment les directives, discutent ensemble en attendant. Bâillements, étirements, rires, soupirs. Chaque scène est survolée, une après l’autre, et les premières lignes du texte sont lancées. C’est étrange cette dichotomie entre le texte qui a pris forme et force dans la bouche des interprètes - depuis ma première observation – versus ce relâchement du corps, chaque individu étant en attente.

Je pourrais chanter quelque chose.

Certains comédiens refont une scène deux, trois, quatre fois voire plus pendant que les autres attendent. Ils discutent de choses et d’autres pendant ce temps, décrochent leur regard de la salle, semblent laisser aller leur pensée. Tout de même, l’appel du metteur en scène les fait réagir promptement: même si j’ai l’impression qu’ils sont ailleurs, déconcentrés, c’est en fait tout l’inverse. Je suis surprise à chaque fois: de voir à quel point ils sont à l’affût, prêt(e)s à répondre aux exigences, comme ils se transforment en un instant. Le corps reprend alors sa stature, se fait disponible, le torse mis de l’avant. Fascinant.

Tu penses que c’t’un rêve, rien qu’un rêve, comme on cherche parfois à se persuader en rêve.

On change de bloc. J’entrevois les silhouettes des comédiens dans la pénombre, comme des lignes qu’on aurait tracées au marqueur. On étire un bras, secoue les cheveux, défripe un vêtement,  positionne son corps à nouveau. Cette fois, le fond de la scène est habité de lumière et de fumée.

On pourrait dire la source, la naissance. L’origine. Le giron, le giron du feu.

Dans ma tête, le déclic se fait d’un coup: Loveland de Charles Stankievech, oeuvre présentée à la Triennale tout récemment. Encore une fois, le froid m’inspire. Tourné au Yukon, le court film met en scène un magnifique paysage  arctique (qui fait tout le fond d’une salle) où, tout à coup, des détonations se font entendre. Doucement, une étrange fumée mauve provenant d’une grenade militaire (que l’on ouvre en cas d’urgence) vient vers nous, poussée par le vent.

Et nous laisse dans l’incertitude, dans une inquiétante étrangeté. Que se passe-t-il? La situation est critique et, à la fois, cruellement belle. Ce feu symbolique, cette fumée, signe de détresse, ces situations désespérées d’un côté comme de l’autre qui laissent présager le pire. Détonation aussi dans les deux cas: et c’est plus encore qu’une simple explosion, c’est le signe d’un “avant” et d’un “après”, un fin craquement dans la ligne du temps, un point de non-retour. Encore une fois, glace et feu s’équivalent: c’est l’animal, la bête noire que l’on fuit: c’est notre pire cauchemar.

Tes mains brillent, la sueur est sombre, presque noire.

Il y a aussi Anselm Kiefer, à qui je pense. Ses oeuvres sombres, morcelées, qu’on dirait justement, passées par le supplice du feu. Suie, salive, cheveux, terre, tous des matériaux qu’il utilise pour créer. Comme traces de ce qui reste après un grand carnage. Car, n’est-ce pas ce que c’est? L’horreur, la détresse, la survie. Le souvenir, l’empreinte. Corps démembrés, morts. Et surtout, la résilience.

Là on a l’éternité devant nous.

Le metteur en scène me souligne qu’il s’est inspiré d’Olafur Eliasson. Je vois tout à fait. Éléments intangibles, ambiances plus que formes concrètes ou matières plastiques, Eliasson explore des lieux, des sensations que l’être appréhende par toutes ses sensorialités. Comme le théâtre, d’ailleurs. Un des rares lieux où des êtres sont devant nos yeux, dans le temps présent et sans présence du virtuel. C’est “l’ici et le maintenant”.

J’observe pendant plus de 3 heures. Le travail qui se fait est extrêmement détaillé, une vraie dentelle. Infimes détails, reprises de gestes, de mots. Un cri répété une dizaine de fois.

Gloria !

Ajouts de micro, d’effets. Trame sonore, crépitements, musique. Les costumes ont changé depuis la dernière fois. J’ai l’impression d’assister à une séance photo. Deux ou trois lignes, placement des acteurs, ajustement des lumières. Clic. Autre scène, déplacements, changements de position, gestes affinés. Clic. Une main ici, une jambe placée comme ça. Clic.

Paul ? Est-ce que je te plais à nouveau avec ma nouvelle coiffure ?

Et ainsi de suite. La scène devient un espace-temps particulier, un lieu à géométrie variable. Le plus fascinant, c’est la capacité des comédiens à se « reprogrammer » en quelque sorte, à chaque demande, à chaque changement. Mémoire effarante, physionomie modelable à l’infini. Je suis tout à coup extrêmement fatiguée. Eux aussi, vraisemblablement. Mais je quitte alors qu’ils restent là pour plusieurs heures encore. Le temps d’un café bien tassé, pour eux cette fois, et c’est reparti. Ils plongent à nouveau dans les écrits de l’auteur et je vais plonger dans les miens… jusqu’à la prochaine rencontre : la première médiatique.


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20
Dec 11

Coulisses (2)

Comme nous vous l’annoncions il y a quelques semaines, nous accueillons @mamerehispter dans nos murs pour quelques répétitions avant la première de Tristesse animal noir.
Voici son premier texte, après avoir assisté à la répétition du 17 décembre au matin. Toute la semaine, l’équipe technique s’était affairé à monter le décor. La veille, les comédien(ne)s y avaient apprivoisé l’espace pour la première fois.

La ville est froide ce matin et les rues sont silencieuses. Soleil aveuglant, buée dans les vitres, ma respiration qui forme de jolis nuages blancs. J’arrive à Espace GO, les joues rouges, le corps transi. Premier jour d’hiver. Accueil chaleureux, sourires, poignées de mains. Loges, salle de répétition, coulisses, décors, costumes. Des gobelets de café un peu partout. Les yeux sont encore petits, la journée est jeune. Au programme, essayage des costumes, deuxième répétition sur la vraie scène, enchaînement complet.

Quelques comédiens montent sur scène pour montrer les costumes. Change de chemise, Tourne, déhanche-toi. Aller-retour dans les loges, le costumier et son assistante s’affairent, l’un passe sans cesse de la scène à la salle, l’autre de la scène aux coulisses. Tissus, textures, gris, blanc, noir. Une comédienne arrive sur scène, sa peau est incroyablement blanche et sa robe crème la rend presque diaphane. L’image est belle. Ça discute partout : sur scène, dans les coulisses, en arrière de moi à la régie. Va mettre ton costume pour la troisième partie. Je veux de la peau, de la sensualité, de la chaleur. Les corps se donnent à voir, les comédiens regardent vers nous, la lumière leur fait plisser les yeux. On garde, on rejette, on réessaie. D’infimes détails changent toute la perspective. Ambiance relaxe, joyeuse.

15 minutes avant que la répétition commence. Les corps se délient, on entend un murmure, en fait comme un bourdonnement. Exercices pour étirer la mâchoire, sons, gymnastique faciale, élévation de la voix, prononciation exagérée. Chacun est dans sa bulle, son espace. L’une chante, l’autre étire son corps à même le sol où sont déjà posés les accessoires. Panier, glacière, bières, BBQ. Un micro s’allume et on entend une voix : 5 minutes.

Ça fourmille, s’active, l’ambiance change : plus sérieuse. Concentration et focus. Le metteur en scène fait ses recommandations : d’un bout à l’autre, on n’arrête pas, on oublie le stress, on s’amuse. Tout le monde se met en place, les premières notes se font entendre, la pièce commencera en musique. Une voix s’élève, belle et vibrante. Je pense rapidement au néerlandais Blaudzun. So tell the girl that I’m am back in town, Goodbye Ruby tuesday. Je suis subjuguée, les pièces sont réellement belles…

Les comédiens prennent place en silence. Installés par terre, la position me rappelle immédiatement la fameuse toile de Manet, Déjeuner sur l’herbe. Le revêtement vert sur le sol, la robe blanche presque transparente, les hommes qui entourent les deux femmes. Cette impression est peut-être augmentée par cet éclairage cru qui entoure les comédiens. Les effets de lumière seront travaillés au retour des fêtes. Pour l’instant, tout est donné à voir : comédiens qui patientent sur le côté avant de faire leur apparition, les corps en tension, subtilement arqués vers la scène ; le passage de certains en-dessous du plateau pour passer du côté cour au côté jardin et inversement.

La deuxième partie de la pièce est dure, sombre, ravageuse. Le texte, la description de cette horreur pure m’évoquent des toiles de Francis Bacon : des corps ravagés, fragmentés. Les sensations sont décortiquées, analysées, l’adresse à la troisième personne en parlant de soi-même donne l’impression que les personnages s’observent de l’extérieur, détachés d’eux-mêmes. Me vient aussi en tête les autoportraits d’Arnulf Rainer, ces photographies – sur lesquelles il intervient en peinture ou en dessin – où expérimentations fictives de blessures, des pertes des sens, de démembrement du corps participent à une idée de purgation, de catharsis. Passage par la douleur pour en arriver à une vérité criante des sentiments. L’affiche de la pièce ressemble d’ailleurs étrangement au traitement formel de Rainer…

L’équipe s’ajuste à mesure, le rythme coule, on bafouille, mais si peu. On répète la dernière ligne pour reprendre là où on a buté, on poursuit. J’entends des pas en arrière de moi: on change de perspective pour observer, la table de la régie craque, des murmures d’un côté et de l’autre, on note, pense à des ajustements à faire.

Les contacts entre les personnages sont furtifs, jamais prolongés. Chacun est profondément seul, la tentative de joindre l’autre est toujours, ou presque, avortée. Les comédiens ont assimilé ces gestes qui évoquent, esquissent cette volonté de toucher, reconnaître l’Autre dans ce capharnaüm: la simple tension d’un bras, une main qui s’élève parviennent à nous faire sentir ce besoin tristement inassouvi. Les corps sont, la plupart du temps, très droits et figés devant nous, récitant une mélopée ou fixant dans le vide pendant qu’un autre s’adresse au public. Ces tableaux vivants me rappelle encore une oeuvre, Singspiel de l’artiste Ulla Von Brandenberg. Vidéo étrange et silencieuse où une caméra effectue des travelling montrant des personnages d’abord regroupés dans un repas qui semble convivial et ensuite seuls dans différents lieux de la Villa Savoye construite par Le Corbusier. Parallèle intéressant, Anja Hilling dans la pièce évoque Frank Lloyd Wright et Fallingwater

Les dernières répliques sont prononcées, les comédiens s’en vont en coulisses. On sent un relâchement, les corps et les visages abandonnent la tension exigée par la pièce. On vous revient dans 10 minutes. C’est l’heure des commentaires, l’équipe va se regrouper pour parler à chacun des comédiens. Je sors en catimini, plusieurs pages gribouillées en main. Et la tête remplie : idées, images, réflexions. Le casse-tête va doucement se mettre en place. Je quitte le théâtre, pour mieux y revenir en janvier. Déjà hâte.

* J’ai choisi cette oeuvre d’Arnulf Rainer qui me semble faire étrangement  écho à l’affiche de la pièce. Je n’ai malheureusement ni le nom ni l’année de l’oeuvre que j’ai trouvé au hasard du web. Pour approfondir la recherche,  une partie de la collection du MoMA.


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28
Nov 11

Coulisses (1)

David Boutin x2

Les deux visages d'un même homme © Espace GO

À la rentrée, nous avons proposé à la blogueuse Myriam Daguzan Bernier d’assister à quelques répétitions de notre prochaine création Tristesse animal noir.
Ce projet est une coproduction avec Espace GO, le théâtre où nous sommes en résidence. Oui, nous, on est en arrière, sur la rue Clark (c’est mieux, on a la vue sur le Mont-royal et une belle exposition plein soleil). Ce projet de coproduction est une première pour les compagnies que nous sommes.

Évidemment, l’impatience commence à nous guetter, l’expérience est inédite – un texte d’une jeune dramaturge allemande, Anja Hilling, de solides comédiens (évidemment David Boutin mais aussi tous les autres…) et deux équipes qui travaillent de concours vers un même objectif.

C’est l’occasion rêvée pour l’accueillir et la laisser nous espionner, et livrer ce qu’elle y verra, avec le regard de quelqu’un qui ne connaît pas forcément les dessous de la création théâtrale.
Myriam assistera donc à quelques moments-clés de la création du spectacle et vous livrera ce qu’elle y a vu et ressenti. Pas de censure de notre côté.

Vous pourrez suivre ses écrits directement sur son blogue ou ici.

Ça vous tente?


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4
Mar 11

The Dragonfly of Saint-Michel – Étape 2

La visite de l’Espace Go avec Claude Poissant et Patrice Dubois
Jeudi 3 mars 2011

Hier, nous avons eu de la grande visite! Les étudiants du Centre Gabrielle-Roy, en compagnie de leurs professeurs et de la directrice adjointe, ont passé la matinée à l’Espace Go. Au menu : une présentation de Claude et de Patrice, leur parcours professionnel – depuis leurs premières expériences d’amateurs, en passant par leur formation, et jusqu’à leurs titres actuels de metteur en scène/comédien/auteur – et bien sûr, la fondation du Théâtre PÀP et l’histoire de leur collaboration.

Beaucoup de questions ont été posées par les élèves (pour la plupart d’entre eux, ceci était une première visite dans un théâtre) : est-ce qu’un metteur en scène est l’équivalent d’un réalisateur? Quelle est la différence entre un comédien et un humoriste? Est-ce que le théâtre, en tant que forme d’art, n’est pas en voie de disparition, dû à la présence englobante de la télévision, du cinéma, de la vidéo? Est-ce qu’on ne choisit les comédiens au théâtre que s’ils sont beaux et sexys? Pour un jeune qui veut devenir comédien, quel genre de parcours faut-il suivre? Est-ce qu’il y a des enfants acteurs au théâtre? Des élèves motivés et intrigués, quoi! Qu’est-ce qu’on pourrait demander de mieux?

Ensuite, place à la tournée de l’Espace Go : la visite des loges, du salon commun, des coulisses, du dépôt, des bureaux du PÀP, de la grille d’éclairage (talons et vertigineux s’abstenir!) et de la salle de spectacle. Privilège extrême : le groupe a eu la chance de rentrer dans la salle de répétition et d’observer quelques minutes une répétition du prochain spectacle à l’Espace Go, Manhattan Medea. Merci, chers collègues!

Après la pause café-croissant, c’était au tour de la salle de spectacle et de la scénographie de The Dragonfly of Chicoutimi. Là, ils ont eu en primeur un court extrait de la pièce interprété par Patrice, une démonstration des différents éclairages et des effets sonores utilisés dans le spectacle et quatre d’entre eux sont montés sur scène comme apprentis comédiens! D’ailleurs, pourquoi les planchers du décor sont-ils en pente? Et comment font les comédiens?

Il faudra attendre mercredi prochain pour répondre à cela, quand ils reviendront voir le spectacle!

 

Dans le cadre du spectacle The Dragonfly of Chicoutimi, le Théâtre PÀP mène un projet d’appropriation du milieu théâtral et culturel montréalais par une clientèle adulte de Saint-Michel, afin d’amener ces derniers à faire des découvertes culturelles, artistiques et personnellesPour une description complète du projet, cliquez ici.

Ce projet est développé en étroite collaboration avec le Centre Gabrielle-Roy de la Commission Scolaire de Montréal et avec l’arrondissement de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension et le programme Hors les murs de la Maison de la culture.

Ce projet a bénéficié du soutien financier de l’entente sur le Développement culturel de Montréal intervenue entre la ville de Montréal et le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec.


2
Mar 11

Rencontrer son public

La première semaine s’est terminée avec une hausse constante de l’adrénaline provoquée par les premières successives.
Les comédiens eux entrent dans leur routine, sans que ce s’en soit jamais une puisque chaque public, chaque soir sera différent.

Jeudi dernier, nous avions une rencontre avec le public en présence du metteur en scène (Claude Poissant), l’auteur (Larry Tremblay) et l’animatrice et journaliste Anne Lagacé Dowson. Notre souhait était d’élargir la discussion, au-delà de la pièce. Questionner sa modernité, sa pertinence, sa place dans la société actuelle.

En bref, il a été souligné par les intervenants que la pièce ne reflète plus la simple dualité francophones vs anglophones de l’époque (1995) mais aussi la multiplicité de cultures qui vivent ensemble et qui chacune à leur tour s’essaient à préserver son territoire. La multiplicité des personnages reflète également la complexité du monde d’aujourd’hui.

Vous apprendrez aussi comment Larry a commencé à écrire la pièce.

Il y a eu aussi une deuxième rencontre le vendredi 25. Les prochaines auront lieu les 3 et 8 mars, en présence des comédiens.

Pour ré-écouter la discussion dans son intégralité (environ 30 min – il n’y a pas eu d’édition sur l’enregistrement)

 

 

– Sarah P.


25
Feb 11

The Dragonfly of Saint-Michel

Dans le cadre du spectacle The Dragonfly of Chicoutimi, le Théâtre PÀP mène un projet d’appropriation du milieu théâtral et culturel montréalais par une clientèle adulte de Saint-Michel, afin d’amener ces derniers à faire des découvertes culturelles, artistiques et personnellesPour une description complète du projet, cliquez ici.

ÉTAPE 1 – rencontre entre Larry Tremblay, auteur, et les élèves du Centre Gabrielle-Roy

Jeudi 24 février 2011, Centre Gabrielle-Roy, quartier Saint-Michel

Première rencontre entre artiste et élèves.

Larry Tremblay arrive au Centre Gabrielle-Roy, à Saint-Michel, pour discuter de son métier et de sa pièce The Dragonfly of Chicoutimi. Une quarantaine d’élèves de toutes origines sont présents dans un coin du gymnase de l’école. Sont-ils sceptiques, incrédules, fatigués? Difficile à dire. Larry prend parole.

Ce n’est pas une conférence d’un universitaire coincé, ni un monologue d’un artiste condescendant; c’est plutôt un discours sous forme de confidence. Larry parle de lui, de son enfance à Chicoutimi, de son nom – mélange entre l’anglais et le français- qui lui a donné le sentiment d’être différent, de ne pas être totalement intégré dans sa culture. Ce qui explique son intérêt pour l’Autre, pour ce qui est Différent, ce qui est Extérieur à son univers personnel, à ce qu’il connaît. Sa parole est dynamique, fluide, entrecoupée d’anecdotes, de rires, et dotée d’une gestuelle théâtrale. Quel conteur!

Il raconte sa fascination d’enfance pour Tintin, ses centaines de lettres envoyées aux Ambassades pour récolter de la lecture, ses débuts en écriture, sa découverte de l’Inde et du Kathakali, et son inquiétude croissante face à la survie de sa langue maternelle, le français. De part son travail de comédien et de part ses voyages, Larry remarque au fil des ans un changement important chez lui: il perd son accent et son corps de chicoutimien. De retour chez lui, les gens pensent qu’il est Belge et lui demande s’il est touriste… Déjà que le sujet de l’identité le touche depuis qu’il est gamin, cette situation le pousse de plus en plus à explorer cette thématique dans ses écrits.

Tout ceci amène à la création de son œuvre – maintenant de répertoire -, The Dragonfly of Chicoutimi, qu’il écrivit sur un napperon du fameux diner montréalais, aujourd’hui disparu, Ben’s.

En interpellant les élèves sur leur propre identité et situation linguistique, Larry se lance dans l’explication de l’histoire de Gaston Talbot, anti-héros de sa célèbre pièce. Tout le long de la rencontre, les élèves réagissent, rient, s’esclaffent ; ils tombent sous le charme de monsieur Tremblay, de son prénom Larry, même si son histoire est un peu tordue et extraordinaire. Ou bien à cause de cela, justement.

À la fin de cette parenthèse théâtrale et de ce plongeon dans l’imaginaire de l’écrivain, les étudiants l’applaudissent, se lèvent et partent affronter leur quotidien. Ils partent, par contre, avec une lueur dans leurs pupilles… C’est une réussite! Nous avons déjà hâte à la semaine prochaine.

Ce projet est développé en étroite collaboration avec le Centre Gabrielle-Roy de la Commission Scolaire de Montréal et avec l’arrondissement de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension et le programme Hors les murs de la Maison de la culture.

Ce projet a bénéficié du soutien financier de l’entente sur le Développement culturel de Montréal intervenue entre la ville de Montréal et le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec.


17
Feb 11

Montage – Jour 3 – #mercredi

Nous n’élaborerons pas sur la plénitude et tous les sentiments associés au fait de jouer et de vivre de son métier de comédien. D’autres le font ou le feront mieux que nous. Toutefois, il existe aussi un pan moins célébré. Celui de devoir vivre plus d’un mois avec le style de son personnage.

Ainsi, Patrice Dubois – qui joue le rôle de Gaston Talbot, dans son mode cow-boy – a dû se faire pousser la moustache et revenir à un style plus seventies. Au mois de mai dernier, lors de la création au Festival TransAmériques, il avait également des mèches blondes, auxquelles il a réussi à échapper cette fois-ci.

Vous le voyez, sur cette photo, maquillé pour la scène. Il est normal que les maquillages de théâtre soient très marqués pour accrocher la lumière. Vous pouvez d’ailleurs le comparer entre la photo brute et la photo sur scène.
Au quotidien, malheureusement pour Patrice, nous ne sommes pas au mois de novembre, il aurait pu faire passer sa moustache pour un acte en faveur du Movember. Pas de chance pour lui, pas d’excuse, sauf celle d’être comédien!

Quant à Mani Soleymanlou, qui joue le Gaston Talbot plus fragile, la longue barbe noire qu’il porte en ce moment va être sacrifiée (ce n’est pour lui déplaire en passant) au profit d’une nouvelle coiffure. À vous de la découvrir dès la semaine prochaine. On voit ci-dessous la version du mois de mai dernier.

The Dragonfly of Chicoutimi est présenté au théâtre Espace GO, du 22 février au 19 mars 2011.


16
Feb 11

Montage – Jour 2 – #mardi

À votre avis, est-ce un accessoire de notre prochain spectacle ?

photo poussette


14
Feb 11

Montage – Jour 1 – #lundi

What a nice expression
TO KEEP IN TOUCH
I like it I love it
I appreciate it so much
really what I’m looking for in life
is to keep in touch
that’s the most important thing
and I seriously think that our duty
is to keep in touch
so much people and things are left out
so tonight my motto is
TO KEEP IN TOUCH **

C’est aujourd’hui que commence ce qui s’appelle communément l’entrée en salle.

Ajustement des gradins – puisque l’Espace GO est une salle à configuration variable, chaque producteur peut décider du nombre de sièges disponibles (jusqu’à 260) et de leur disposition -, accrochage des éclairages et montage du décor : voilà les premières étapes d’une entrée en salle.

S’en viennent ensuite des ajustements d’éclairages et de sons : chaque concepteur – Erwann Bernard pour les éclairages et Éric Forget pour le son, dans ce cas – vient peaufiner sa partie(tion). C’est aussi à ce moment-là que résonnent dans le bâtiment en boucle la même chanson ou le même son un nombre incalculable de fois… Nos oreilles en prennent un coup.

Pour la petite explication, les bureaux du Théâtre PÀP, sont, dans le même bâtiment, à l’exact opposé de ceux d’Espace GO, de l’autre côté de la salle. Une porte s’ouvre et nous voilà sur la grille d’éclairages (attention à ceux souffrant de vertiges!).

Parallèlement, les comédiens eux aussi entrent en salle : finalisation des costumes et des maquillages, installation des loges.

Et chaque soir, au programme, répétition : simple enchaînement, marche dans le décor, générale sans costumes, générale photos, etc… Et ce, jusqu’à mardi soir, où aura lieu la première publique.

Nous vous proposerons tous les jours de cette semaine, une anedocte et/ou une photo en lien avec l’arrivée du Dragonfly of Chicoutimi

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En marge de l’arrivée du spectacle, il nous est apparu pertinent de vous partager l’article suivant :
Loi 101 – Vers un «recul tranquille» du français au Québec?, un article d’Alexis Cossette-Trudel paru dans le Devoir.

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Jour 1 – #lundi

photo salle

9h30 - Démontage-montage

Trouvez « l’intrus » !

photo 16h

16h - les blocs sont déjà là

** Cet extrait est tiré du livre de Larry Tremblay, The Dragonfly of Chicoutimi, publié aux éditions Les Herbes rouges.