Entre certaines télé-réalités, le courrier du sexe du Journal de Montréal, et les textes de théâtre que je lis, il y a des ressemblances.
Quoi Patrice ? Tu as osé lire le Journal de Montréal en lockout ?
Oui lecteur, mais là n’est pas mon point.
J’observe que la quête du « soi », avec le « soi » comme outil, pour aller au fond de « soi » est devenu un procédé de construction dramatique très, très, très, et partout, utilisé. Ça commence à être franchement lourd. On sait qu’il n’est de conquête, fût-elle de soi, qui ne fasse émerger son lot de puanteur. Il y a ainsi beaucoup de sang, d’entrailles, de fausse-couche, de sodomie sans lubrifiant, de fuite de l’autre et de viols dans tout ça.
J’en ai marre.
J’en ai marre qu’on oublie à ce point « l’autre » dans cet ascension de nous-mêmes.
Le culte du corps, sa dissection anatomique, la transmutation sexuelle, ses mutilations répétées, tout cela est omniprésent. Tout cela est utilisé à satiété par certains scripteurs, rédacteurs en chef, twitteurs, et par beaucoup d’auteurs de théâtre.
Y’a pas mal de monde dans le même spa.
« Moi, moi, moi. Moi mon corps, moi, moi, moi. Moi mon orientation sexuelle, moi, moi, moi… »
(…)
J’en ai marre.
J’ouvre la télé.
Je ne sais pas où dans le monde, sur une île proche de mon tout-inclus de l’an passé, le choléra s’est emparé des villageois, et se propage maintenant dans les camps de réfugiés. Des êtres humains écopent d’eux-mêmes un microbe assassin, comme on tenterait d’endiguer un fleuve qui emporte notre village natal.
Je ferme tout.
Le silence s’empare de la pièce.
– Patrice
PS : parce qu’on ne peut s’empêcher de faire un peu de promo ;-) Abraham Lincoln est à LaSalle ce dimanche (14 novembre)



















